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Chapitre V – Cauchemar dans la 5ème Av.

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Quelques mois plus tôt, dans un hôpital à Los-Angeles.

Vous avez de la chance, Madame, vous avez bien récupéré. Dans quelques semaines vous serez sur pied et on pourra vous transférer dans une clinique de réadaptation, Je vous conseille celle de New-York, qui est réputée pour être la meilleure. Vous ne devez pas vous inquiéter. Tout ira bien.

Facile à dire pour le médecin. Il va bien et il a une vie. Moi, qu’est-ce que j’ai ? J’ai passé les derniers mois dans le coma et maintenant je me retrouve seule sans aucun souvenir de mon passé.

Heureusement que je ne me rappelle rien. Il paraît que j’étais dans un sale état quand je suis arrivée ici. Une rixe dans un quartier mal famé qui a mal tourné. Mais que faisais-je dans cet endroit ?

Pourquoi personne ne me cherche ? On m’a volé mes papiers, mais aussi ma vie.

Je me regarde dans le miroir et je ne me reconnais pas. Qui suis-je ? Que vais-je devenir ?

Un détective de la police a passé l’autre jour pour me poser des questions. Il paraît qu’il y a eu deux morts et plusieurs blessés graves. Il dit que, malgré tout, j’ai eu de la chance.

La chance d’être en vie ? Mais à quel prix ?

Les médecins et les infirmières préparent mon transfert. C’est pour aujourd’hui.

Ils me parlent beaucoup de cette clinique et du bien que ça va me faire.

Quand nous arrivons sur place, tout le monde est très chaleureux avec moi. Je pense qu’ils ont pitié de moi.

En fin d’après-midi, après la séance avec la psy, je m’installe dans le petit salon du 1er étage. Il y a un monsieur qui paraît aussi paumé que moi. Que lui est-il arrivé ? Je m’approche de lui pour bavarder un peu. Il me raconte son histoire. Elle ressemble vaguement à la mienne. Ça me fait du bien de pouvoir parler avec quelqu’un qui est dans la même situation. J’ai l’impression de ne plus être seule au monde.

Quand nous sommes arrivés ici, la règle était de ne pas être une personne anonyme. Alors le personnel de l’établissement nous a demandé de choisir chacun un prénom. C’est un peu comme avoir une nouvelle vie.

Le but de la thérapie était de nous reconstruire une nouvelle vie, en attendant que la nôtre nous soit rendue.

Il y a toujours ce détective qui vient nous voir une fois par mois. Il pose toujours les mêmes questions. Mais que lui répondre ? Nous n’avons aucun souvenir de notre vie précédente.

Quelle était donc cette vie que notre cerveau a dissimulée ? Était-ce si terrible au point de nous empêcher d’aller de l’avant ?

Je passais beaucoup de temps avec l’inconnu du 3ème étage. Je le trouvais sympa. On essayait d’imaginer notre passé. On s’inventait des histoires. Il était brillant. Il me faisait rire et avec lui je n’avais plus peur de l’avenir. Je pensais que même si je ne retrouvais plus la mémoire, au moins j’avais trouvé un ami. Et secrètement, j’espérais aussi qu’il ne recouvre pas la mémoire. Je ne voulais pas me retrouver toute seule.

La vie à la clinique était devenue agréable. Après les séances, on se retrouvait dans le petit salon où je l’avais aperçu la première fois. On discutait pendant des heures. De son côté, il espérait toujours que le détective lui apporte une bonne nouvelle. De mon côté, j’étais moins optimiste. J’avais peur d’un passé pas très glorieux. Alors je préférai le présent, avec lui.

Un jour, le détective a demandé à le voir, en privé. C’est pas bon signe. Sa famille l’a peut-être retrouvé et je vais me retrouver toute seule.

Dans la petite salle du rez-de-chaussée, le détective me regarde avec un sourire jusqu’aux oreilles. Il m’annonce qu’un couple m’a peut-être reconnu. Il demande si je suis prêt pour la confrontation.

Je ne suis pas sûr d’être prêt. Et si c’était une arnaque ? Pourquoi après tout ce temps, quelqu’un croit me reconnaître ? Je sais, je devrais être content, mais je ne le suis pas. J’ai peur.

Le détective m’assure que je ne suis pas obligé de les rencontrer tout de suite. Je peux réfléchir et en discuter avec mon thérapeute.

Quand je la revois, après la visite du détective, je vois aussi la peur sur son visage. Je suppose qu’elle a peur de se retrouver toute seule au cas où une prétendue famille m’a retrouvé.

J’essaie de la rassurer. J’ai aussi peur qu’elle. Pour le moment, je ne suis pas prêt pour voir ces gens. On verra tout ça demain.

Demain est un autre jour.

A suivre …

 

 

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