Accueil » Brèves » Cauchemar dans la 5ème Av.

Cauchemar dans la 5ème Av.

5av

Prologue

Quand je recherche l’inspiration pour écrire, il m’arrive parfois de rester bloquée devant une page blanche.

Quand j’écris des chroniques « légères », genre les tribulations de mes chats, je dois trouver le juste moment pour ne pas laisser échapper l’inspiration.

Bien sûr qu’il y aurait toujours quelque chose à écrire sur mes chats, étant donné qu’il ne se passe pas un jour sans qu’ils ne fassent les pitres.

Mais cette fin d’après-midi, j’ai voulu essayer un autre genre.

Je me suis assise devant mon ordinateur, j’ai ouvert une page blanche et j’ai commencé à écrire.

J’avais envie d’écrire une histoire, complètement inventée et pour une fois je ne voulais pas de figurants félins.

En moins d’une heure, j’ai « pondu » (oui, je sais, parfois je me prends pour une poule…) cette petite histoire :

Cauchemar dans la 5ème Avenue.

Chapitre 1

Quand je suis rentré, ce jour-là, je sentais que quelque chose clochait. J’avais un pressentiment, mais je n’arrivais pas encore à déterminer de quoi il s’agissait.

J’avais passé toute la journée avec ce sentiment de danger imminent, mais je ne savais pas ni quand, ni comment ça arriverait. Je ne me doutais pas du tout que ma vie allait changer en une fraction de seconde.

Je l’avais connue quelques mois plus tôt, lors d’un souper de bienfaisance. Elle m’avait parue amicale et même charmante. Nous avions discuté pendant la soirée et je n’avais rien remarqué d’anormal. C’est en toute confiance et même avec plaisir que je l’avais revue en tête à tête. Nos soirées étaient charmantes et plaisantes. Nous allions souper dans des endroits magnifiques, nous allions parfois au théâtre et au cinéma. Et nous sommes même partis plusieurs fois en Europe : à Londres, Paris, Vienne et Berlin.

Au fil du temps, j’ai appris à la connaître et à l’apprécier. Plus je passais du temps avec elle et plus elle me manquait quand elle n’était pas là.

Elle était jeune,  belle et aussi intelligente. C’était un vrai plaisir d’être avec elle. On pouvait parler de tout, sans retenue. Nous étions vraiment sur la même longueur d’ondes.

Nous faisions même des projets d’avenir. C’est dire que notre relation devenait de plus en plus sérieuse et intense, donc importante.

Et puis un jour, tout a changé. Elle a pris de la distance et on se voyait de moins en moins. J’ai essayé de lui demander des explications, mais elle me répondait toujours qu’elle avait besoin de prendre un peu de recul, besoin de temps pour réfléchir.

Mais réfléchir à quoi ? Je n’en avais aucune idée.

Elle vivait dans mon appartement sur la 5ème avenue. Je le lui avais proposé pour qu’elle soit plus proche de son travail et elle avait accepté avec empressement, ce qui à l’époque ne m’avais pas choqué. De mon côté, de par le travail, je voyageais beaucoup en Europe, entre Paris et Londres, et donc ça me faisait plaisir qu’elle puisse profiter de ce grand loft.

Ces dernières semaines, quand je rentrais de voyage, elle n’était jamais à la maison. Elle me téléphonait pour me dire de ne pas m’inquiéter, qu’elle restait dormir chez une amie.

C’est dire que je ne la voyais pratiquement plus du tout.

Ce jour-là, en rentrant de Paris, j’ai voulu lui faire une surprise et je me suis rendu à son bureau avec un joli bouquet de fleurs. Je sais, ça peut paraître un peu niais, mais je me sentais comme un adolescent à sa première rencontre.

Quelle ne fut ma surprise quand la réceptionniste de cet immense bureau m’a annoncé qu’aucune personne de ce nom ne travaillait chez eux. Il devait certainement y avoir une erreur, pensais-je.

Mais non. Elle a cherché, interrogé. Personne ne la connaissait.

Je suis reparti, en direction de mon appartement, qui se trouvait de l’autre côté de la rue.

En rentrant dans le loft, j’ai cru mourir. Il était vide. Il n’y avait plus de meubles, même plus de rideaux. Complètement vide. Comme la première fois que je l’ai visité, cinq ans plus tôt.

Je suis descendu dans la loge du concierge pour lui demander s’il était au courant qu’on avait dévalisé mon appartement. Il m’a répondu d’un air nonchalant que des personnes étaient venues déménager mes affaires selon mes désirs. J’allais bien déménager, n’est-ce pas ?

Mais pas du tout ! Il n’en n’a jamais été question ! Il ne comprenait plus rien. Il croyait que c’était moi qui avais engagé ces déménageurs…

Je suis remonté dans mon appartement vide. J’étais désespéré et je ne comprenais plus rien. C’est alors que j’ai pensé de l’appeler pour savoir si elle était au courant.

Deuxième surprise : ce numéro n’est plus en service.

Soudain, c’est la panique. J’ai la tête qui tourne et j’ai besoin de m’assoir, mais il n’y a plus rien dans ce loft. Alors je vais m’assoir sur le bord de la cheminée, dans un petit coin.

J’ai besoin de remettre les idées en place.

Qui était cette femme à laquelle j’avais ouvert mon cœur ? Elle ne travaille pas là-bas. Son numéro n’est plus en service et mon appartement est vide.

Comment ai-je pu être aussi naïf ? Comment a-t-elle fait pour me déposséder de tout ?

Ce soir j’irai dormir à l’hôtel.

Demain est un autre jour.

A suivre…

 

 

 

Publicités

Une réflexion sur “Cauchemar dans la 5ème Av.

  1. Pingback: Demain est un autre jour | Time for a break

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s