Les amis

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Certains je ne les vois plus du tout, car on fait chacun des trucs différents… pourtant on était amis… enfin je crois bien… ceci dit, j’ai oublié, à force de me dire qu’ils sont occupés.

Certains que je fréquente souvent, mais on ne s’appelle peut-être pas encore amis, pourtant on fait les mêmes activités et on s’apprécie.

Comment éclaircir cela ?  Un sujet bien complexe …

Cette notion est assez vague car il n’y a pas de limite franche entre ami ou pas, de plus chacun de nous fixe ses propres critères pour classifier des personnes comme amies ou pas. Après est-il vraiment nécessaire de « cataloguer » chacune des personnes que nous côtoyons comme ami ou pas ?

Ami : Personne pour laquelle on a de l’amitié, de l’affection, ou avec laquelle on a des affinités (c) Larousse.

Il faut faire une différence entre ami/e – copain/ine – connaissance.

Les amis sont les moins nombreux, une main suffit pour les compter et elle n’est pas pleine. C’est une personne que j’ai énormément de plaisir à revoir, bien sûr, et quand on ne se voit pas pendant un bout de temps il n’y a pas de reproches « pourquoi tu ne m’as pas appelé, c’est tout le temps moi qui doit te contacter, etc. ». On a juste plaisir à se voir, on a pleins de choses à se dire, à partager, le temps passe trop vite et à chaque fois on se dit que c’est trop court en se réjouissant de la prochaine fois. C’est aussi une personne en qui j’ai une confiance aveugle et qui me comprends. Pas besoin d’expliquer ce que tu ressens pendant 15 minutes en tournant ta phrase de toutes les manières et à la fin elle n’a toujours pas compris où tu voulais en venir, tu lui expliques une fois et, à la réponse qu’elle te donne, tu le sais : elle a compris. On parle futilité et de notre moi le plus profond dans la même phrase sans gêne et surtout : elle t’aime comme tu es !

Les copains se sont des personnes que j’ai plaisir à revoir, à qui je dévoilerais des bribes de moi, de ma vie, mais pas tout. On parlera de la pluie, du beau temps, on rigolera, on sortira… Et, certaines personnes pour qui j’ai « un coup de cœur », je les verrais un peu plus, en tête à tête, pour construire le long chemin qui mène à l’amitié !

Les connaissances, ce sont des personnes que je « reconnais », je connais leur prénom, parfois le nom, quelque fois où ils habitent, rarement où ils travaillent, encore moins leurs hobbys et quand je les croise on se dit « salut ! ça va ? ça fait un bout de temps ! » et après c’est le grand silence gêné car tu n’as rien de plus à lui dire….

La vie est telle que créer des contacts de longue durée est difficile, disons que c’est ce que l’on veut se faire croire. En fait, il faut  arrêter d’avoir peur des contacts, s’ouvrir à la différence, être spontané, ne pas trop se poser de questions, rester simple dans une relation, vivre le moment présent, arrêter de juger, arrêter de faire des différences sociales.

Que l’on utilise le terme ami, pote, copain, connaissance, c’est égal. Le plus important c’est la capacité d’ouverture de chacun dans le moment présent. Si on a besoin de parler à quelqu’un, lâchons-nous ! Peut-être qu’une connaissance deviendra un ami. N’oublions pas que d’abord on est connaissance avant d’être ami et que l’amitié c’est comme une maison : il faut des fondations, ne pas vouloir construire trop vite sinon danger ; l’entretenir régulièrement pour pas qu’elle tombe en ruine.

Quand on est jeune, on connaît beaucoup de personnes. Avec le changement de vie (couple, enfants, divorce, décès, voyage, etc..), les paramètres changent et là je suis convaincue que le bipède n’est pas fait pour le changement et les différences. Si c’était le cas, il n’y aurait pas tous ces problèmes sur la planète bleue.

Voilà mes cogitations du moment sur l’amitié.

Et pour vous, c’est quoi l’amitié ?

 

 

 

 

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Confessions…

… d’une sentimentale un peu gnan gnan

confessions

 

Alors une sentimentale, c’est quelqu’un

1) qui est un peu romanesque et

2) qui est guidé par les sentiments et la sensibilité

Ah ben là, on tape en plein dans le mille ! Oui, c’est bien vrai, je suis guidée par ma sensibilité, et oui c’est bien vrai, j’ai une fâcheuse tendance à romancer un peu les choses, à les transcender.

Je m’explique.  Comme par un fait exprès, dans chaque personne que j’estime un tant soit peu, je trouve toujours quelque chose de poétique, de beau. Et puis, c’est vrai que ce n’est pas le rationnel qui guide mes pas.

Et après ? Franchement, si certains me le reprochent (et oui certains me le reprochent) eh bien je laisse courir. Genre je ne suis pas assez ancrée dans la vie. Un œil sur la grande ourse, l’autre je ne sais où, un pied sur la lune et l’autre sur un nuage (oui je suis contorsionniste) disent-ils. Enfin ils ne le disent pas comme ça, ça c’est moi …

Enfin bref. On peut être guidée par ses sentiments et cristalliser les choses, il n’en demeure pas moins que d’une part cela ne soit pas une bonne manière d’être et que d’autre part cela n’empêche pas de raisonner à la Descartes (enfin dans sa conception mathématique de la pensée).

Alors voilà. Petit coup de gueule contre ceux qui préconisent une seule et unique façon de penser. Contre ceux qui sont tellement ouverts d’esprits qu’ils ne conçoivent pas que l’on puisse avoir une vision un peu moins binaire (0 ou 1) des choses.  Encore une fois, je ne suis pas une seule chose univoque (ouah le pléonasme) mais plein de choses équivoques (ouah le deuxième pléonasme).

Alors vous les enquiquineurs : laissez-moi regarder le monde avec le regard que j’ai choisi pour le faire. Et sérieux, ouvrez un peu aussi vos yeux ! REGARDEZ, ne vous cantonnez pas seulement à VOIR ! Laissez-vous portez par les choses, oubliez un instant de les analyser. Et puis ensuite, si ça vous plaît revenez dans votre vision des choses…

 

 

 

Motivation quand tu nous lâches…

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C’est long quand-même plus d’une année sans écrire de chroniques ! D’autant plus que j’avais commencé une histoire (inventée au fur et à mesure) et je l’ai lâchement abandonnée en route…
Mais là, je crois que c’est reparti ! Mais pas pour finir l’histoire du cauchemar de la 5ème Avenue. Non, pas pour ça, car là il faut vraiment que je me remette dans l’esprit de N.Y. et ce n’est pas pour tout de suite.
Je ne sais pas ce qui a été le déclencheur pour recommencer à écrire, mais je vais faire en sorte que cette chronique ne va pas être un épisode isolé. Je ne vais pas non plus promettre d’écrire chaque jour, car en général je ne fais pas de promesse que je ne suis pas sûre de pouvoir tenir.
Il y a de nombreux sujets qui se bousculent dans ma tête… mais j’aimerais éviter que ce soit un compte rendu des événements de ces derniers mois, ce n’est pas le but de l’opération… (ou peut-être une autre fois).
Alors, me demanderez-vous, de quoi ai-je envie de vous parler aujourd’hui ?
De la motivation, bien sûr !
Dans un article, Dominique Pir nous explique : « Sans un minimum de motivation, rien ne se fait, rien ne se crée. Elle est notre force motrice, qui nous invite à passer à l’action et rend vivant et efficace ce que nous faisons. Quand elle s’absente, ce qui nous animait hier semble avoir perdu sa saveur. On se sent lourd, sans énergie. »
Elle poursuit en donnant des pistes pour retrouver la motivation : « Pour reprendre contact avec nos ressources intérieures, 
il peut être profitable de se poser régulièrement quelques questions de fond. De quoi ai-je aujourd’hui le plus besoin ? A quoi est-ce que j’attache le plus d’importance ? Ma vie, mes activités sont-elles en accord avec mes valeurs et mes besoins fondamentaux ? Si tel n’est pas le cas, que puis-je faire pour améliorer les choses ? Il suffit quelquefois d’un petit changement dans la façon dont nous menons notre vie, pour reprendre de l’allant et redonner du sens à nos investissements.« 
En fait, c’est exactement ce qui s’est passé dans mon cas.
Je me suis posée beaucoup de questions mais deux en particulier : « de quoi ai-je vraiment besoin pour me sentir épanouie ? » et « quelles sont mes priorités ? »
Je ne vous cache pas que c’est un long travail d’introspection qui demande beaucoup d’énergies…. et on n’en a pas forcément toujours en réserve….
Comme vous le savez déjà (voir mes précédentes chroniques) je suis une dévoreuse de livres. Donc, j’ai beaucoup lu aussi sur le sujet. Mais malgré tous les bons conseils que j’ai pu lire, la motivation ne voulait toujours pas se pointer dans ma direction…
Et du coup, sans crier gare, la voilà qui repointe son bout de nez !
Le seul « hic » c’est qu’elle n’est pas constante, la vilaine ! Elle va, elle vient…. elle fait un peu comme elle veut.
Je vous conseille donc de ne rien lâcher et de tenir bon, car une fois qu’on retrouve la motivation, on a la pêche, on est beaucoup plus efficace et on est un peu comme dans la pub pour la fameuse boisson (que je ne nommerai pas…) : ça nous donne des ailes !
A très vite !

Chapitre V – Cauchemar dans la 5ème Av.

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Quelques mois plus tôt, dans un hôpital à Los-Angeles.

Vous avez de la chance, Madame, vous avez bien récupéré. Dans quelques semaines vous serez sur pied et on pourra vous transférer dans une clinique de réadaptation, Je vous conseille celle de New-York, qui est réputée pour être la meilleure. Vous ne devez pas vous inquiéter. Tout ira bien.

Facile à dire pour le médecin. Il va bien et il a une vie. Moi, qu’est-ce que j’ai ? J’ai passé les derniers mois dans le coma et maintenant je me retrouve seule sans aucun souvenir de mon passé.

Heureusement que je ne me rappelle rien. Il paraît que j’étais dans un sale état quand je suis arrivée ici. Une rixe dans un quartier mal famé qui a mal tourné. Mais que faisais-je dans cet endroit ?

Pourquoi personne ne me cherche ? On m’a volé mes papiers, mais aussi ma vie.

Je me regarde dans le miroir et je ne me reconnais pas. Qui suis-je ? Que vais-je devenir ?

Un détective de la police a passé l’autre jour pour me poser des questions. Il paraît qu’il y a eu deux morts et plusieurs blessés graves. Il dit que, malgré tout, j’ai eu de la chance.

La chance d’être en vie ? Mais à quel prix ?

Les médecins et les infirmières préparent mon transfert. C’est pour aujourd’hui.

Ils me parlent beaucoup de cette clinique et du bien que ça va me faire.

Quand nous arrivons sur place, tout le monde est très chaleureux avec moi. Je pense qu’ils ont pitié de moi.

En fin d’après-midi, après la séance avec la psy, je m’installe dans le petit salon du 1er étage. Il y a un monsieur qui paraît aussi paumé que moi. Que lui est-il arrivé ? Je m’approche de lui pour bavarder un peu. Il me raconte son histoire. Elle ressemble vaguement à la mienne. Ça me fait du bien de pouvoir parler avec quelqu’un qui est dans la même situation. J’ai l’impression de ne plus être seule au monde.

Quand nous sommes arrivés ici, la règle était de ne pas être une personne anonyme. Alors le personnel de l’établissement nous a demandé de choisir chacun un prénom. C’est un peu comme avoir une nouvelle vie.

Le but de la thérapie était de nous reconstruire une nouvelle vie, en attendant que la nôtre nous soit rendue.

Il y a toujours ce détective qui vient nous voir une fois par mois. Il pose toujours les mêmes questions. Mais que lui répondre ? Nous n’avons aucun souvenir de notre vie précédente.

Quelle était donc cette vie que notre cerveau a dissimulée ? Était-ce si terrible au point de nous empêcher d’aller de l’avant ?

Je passais beaucoup de temps avec l’inconnu du 3ème étage. Je le trouvais sympa. On essayait d’imaginer notre passé. On s’inventait des histoires. Il était brillant. Il me faisait rire et avec lui je n’avais plus peur de l’avenir. Je pensais que même si je ne retrouvais plus la mémoire, au moins j’avais trouvé un ami. Et secrètement, j’espérais aussi qu’il ne recouvre pas la mémoire. Je ne voulais pas me retrouver toute seule.

La vie à la clinique était devenue agréable. Après les séances, on se retrouvait dans le petit salon où je l’avais aperçu la première fois. On discutait pendant des heures. De son côté, il espérait toujours que le détective lui apporte une bonne nouvelle. De mon côté, j’étais moins optimiste. J’avais peur d’un passé pas très glorieux. Alors je préférai le présent, avec lui.

Un jour, le détective a demandé à le voir, en privé. C’est pas bon signe. Sa famille l’a peut-être retrouvé et je vais me retrouver toute seule.

Dans la petite salle du rez-de-chaussée, le détective me regarde avec un sourire jusqu’aux oreilles. Il m’annonce qu’un couple m’a peut-être reconnu. Il demande si je suis prêt pour la confrontation.

Je ne suis pas sûr d’être prêt. Et si c’était une arnaque ? Pourquoi après tout ce temps, quelqu’un croit me reconnaître ? Je sais, je devrais être content, mais je ne le suis pas. J’ai peur.

Le détective m’assure que je ne suis pas obligé de les rencontrer tout de suite. Je peux réfléchir et en discuter avec mon thérapeute.

Quand je la revois, après la visite du détective, je vois aussi la peur sur son visage. Je suppose qu’elle a peur de se retrouver toute seule au cas où une prétendue famille m’a retrouvé.

J’essaie de la rassurer. J’ai aussi peur qu’elle. Pour le moment, je ne suis pas prêt pour voir ces gens. On verra tout ça demain.

Demain est un autre jour.

A suivre …

 

 

Demain est un autre jour

GONE WITH THE WIND, Vivien Leigh, 1939

J’ai toujours aimé écrire. D’ailleurs j’écris tous les jours.

Les « pages du matin », vous connaissez ? Si vous avez lu le livre de Julia Cameron, vous connaissez certainement. J’ai commencé il y a presque une année et je n’ai pas encore loupé un seul jour ! C’est devenu un rituel incontournable.

A part les pages du matin, j’écris aussi des chroniques. Pas tous les jours, mais presque. Certaines je les publie sur mon blog et d’autres je les garde en réserve.

Actuellement je suis en train d’écrire une histoire complètement inventée. Un chapitre à la fois. Je ne connais pas la suite ou la fin de l’histoire. Je l’invente au fur et à mesure.

C’est très amusant ! Tous les jours, je me demande comment ça va se terminer. Pour l’instant, je n’en ai pas la moindre idée. Tout ce que je sais, c’est que j’ai du plaisir à écrire. Et tant que ça me procure du plaisir, j’écris.

J’aime aussi aller chercher des informations pour les détails de mon histoire. La 5ème Av. est tellement grande qu’on pourrait s’y perdre. Et comme je n’y suis jamais allée, il me fallait quand même quelques détails pour mon histoire. D’ailleurs, maintenant, c’est comme si j’y avais vécu. C’est marrant !

Quand je lis, c’est pareil. Si le bouquin m’inspire, je suis capable de le lire d’une traite. Quand je regarde l’heure tardive, je me dis : encore un chapitre et après j’arrête. Mais évidemment je n’arrive pas à m’arrêter, alors je finis le livre.

Depuis que j’ai commencé cette histoire sur la 5ème Avenue, je n’arrive pas à lire un nouveau livre. J’ai peur de perdre l’inspiration et de refaire ma « dévoreuse de livres ».

Alors en attendant le prochain chapitre, j’écris d’autres chroniques. Pour ne pas perdre le rythme.

Comme disait Scarlett : demain est un autre jour…. 😉

 

Chapitre IV – Cauchemar dans la 5ème Av.

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Chapitre IV

Après 6 mois, je suis transféré dans une clinique de réadaptation. Ils vont m’aider à retrouver la mémoire. Je suis complètement guéri de mes blessures dues à l’accident. Il reste juste ce vide  dans ma tête qui m’empêche de me souvenir qui je suis et d’où je viens.

Entre-temps, à Boston.

C’est étrange de ne plus avoir de ses nouvelles. En général il appelait au moins une fois par semaine pour prendre des nouvelles des enfants. Son portable est toujours sur messagerie. Il doit certainement être débordé de travail ou bien il est quelque part en train de batifoler avec une de ses conquêtes. Mais c’est tout de même étrange ce long silence, ça ne lui ressemble pas.

Je vais appeler la loge du concierge pour savoir s’il l’a vu récemment. Non. Il a déménagé et il est parti sans laisser d’adresse et sans même le saluer. Etrange bonhomme.

Je vais appeler ses parents, peut-être qu’ils ont eu des nouvelles. D’un côté je peux comprendre qu’il ne veuille pas me parler. Je lui ai fait du mal. Je l’ai trahi avec son meilleur ami… Je n’en suis pas fière, mais ça remonte à 5 ans maintenant et je pensais qu’il avait tourné la page.

Sa famille n’a pas de nouvelles non plus, ils sont quand-même un peu inquiets.

J’ai presque envie d’aller à New-York pour le secouer et lui rappeler qu’il a deux enfants qui comptent sur lui. Mais s’il n’habite plus le loft, où se cache-t-il ? D’ailleurs je ne peux pas partir pour le moment, l’aînée a la remise de diplôme et je dois être présente pour elle, étant donné que son père a disparu dans la nature. Elle espère toujours qu’il viendra et je ne sais pas comment lui dire qu’il est introuvable.

J’appelle le cabinet à New-York et sa secrétaire est aussi surprise de ne pas avoir de ses nouvelles. Il est peut-être en Europe pour ce gros contrat avec des clients japonais. Elle va se renseigner et me rappellera dès qu’elle a des nouvelles.

Ma fille a été très déçue de ne pas voir son père à la remise des diplômes. Il avait pourtant promis d’y être et il a toujours tenu ses promesses, jusqu’à maintenant.

Après 2 mois j’ai rappelé sa secrétaire. Elle avait rappelé tous les clients potentiels chez qui il pouvait être mais personne ne l’a vu. On dirait qu’il a disparu dans la nature. Et s’il lui était arrivé quelque chose ? La police ou un hôpital aurait déjà prévenu sa famille, mais personne n’a eu de nouvelles.

Il fallait le retrouver. Pas pour moi, mais pour ses enfants qui le réclament. Mais par où commencer ?

J’appelle ses parents qui sont d’accord de garder les enfants pendant que j’irais à New-York.

Mon mari a tenu à m’accompagner pour m’aider dans les recherches. Il m’est d’un grand soutient. J’espère seulement qu’ils ne vont pas se rencontrer. Malgré le temps qui a passé, il a toujours refusé de nous voir ensemble. D’ailleurs il ne supporte pas que les enfants l’aient accepté comme beau-père.

Si je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour le retrouver, c’est pour les enfants. Ils sont inquiets et tristes de ne pas avoir de nouvelles.

Après nous être installés à l’hôtel, nous allons dans le poste de police du quartier. Les gens sont tellement stressés ici. Je ne sais pas comment il faisait à vivre dans cette ville.

Avant de pouvoir voir un responsable, nous avons attendu plus de deux heures sur un banc dans un couloir. Quand enfin nous avons pu parler avec un détective, il ne nous a pas vraiment rassurés. Des milliers de personnes disparaissaient chaque jour et c’était comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Après avoir laissé nos coordonnées et une photo du «disparu», nous sommes partis en direction de notre hôtel, trop épuisés pour faire autre chose.

Nous avions besoin de rassembler les idées pour affronter une nouvelle journée de recherches. Demain nous irons voir si dans l’immeuble où il habitait, quelqu’un a eu des nouvelles.

Demain est un autre jour.

A suivre…

 

Chapitre III – Cauchemar dans la 5ème Av.

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Chapitre III

Il est 7h. Inutile de rester dans cette chambre à ruminer.

Je vais d’abord faire une déposition à la police et ensuite j’irais rechercher des informations pour la retrouver.

L’air frais de Manhattan me réveille de ma torpeur. Je vais héler un taxi pour me déposer au poste de police.

Dans la rue, les gens me regardent étrangement. Je ne suis pas rasé et je porte les mêmes habits de la veille, un peu froissés. Je dois faire peur. Ils me prennent peut-être pour un voyou qui a dormi dans la rue. Sauf que je n’ai pas encore dormi.

Soudain je me rappelle que j’ai oublié tous mes papiers à la réception de l’hôtel, juste après avoir payé la note. Je me retourne pour rebrousser chemin et là, c’est le choc.

Je n’avais pas vu cette voiture qui était en train de tourner pour s’engouffrer dans la rue parallèle. J’étais distrait, je pensais à la déposition que j’allais faire. Je pensais à elle.

C’est le trou noir. J’ai l’impression de flotter dans les airs. Je ne vois rien mais j’entends des voix qui sont de plus en plus proches. Puis, plus rien. Je sombre dans un gouffre de plus en plus profond.

J’ai froid et j’ai mal partout. J’ouvre les yeux et je ne reconnais pas ces murs blancs et toutes ces personnes qui sont présentes dans la pièce. J’ai quand-même la force de demander où je me trouvais. On me répond que suite à un accident, je suis à l’hôpital et je suis resté deux mois dans le coma… Hôpital ? Accident ? Coma ? Aucun souvenir.

On me pose tout plein de questions auxquelles je n’ai pas de réponse. Je ne sais pas, je ne me rappelle pas. Verdict : amnésie suite au traumatisme crânien.

Qui suis-je ? La peur de l’inconnu me tiraille le ventre. Trop épuisé pour y penser, je sombre à nouveau dans le gouffre.

Je me réveille à nouveau. Combien de temps avais-je dormi ? Une infirmière me sourit. Elle me demande si j’ai encore mal quelque part. Je réponds que je n’ai pas de douleur mais les idées un peu embrouillées. C’est normal, mais je ne devais pas m’inquiéter, on prend bien soin de moi.

Elle tente de me rassurer en me disant que le médecin s’est renseigné auprès de la police pour savoir si quelqu’un avait signalé une disparition. Pour le moment, aucune disparition ne correspondait à mon profil.

Personne ne me cherche ? Je ne manque à personne ? Mais enfin, ce n’est pas possible ! Etais-je seul au moment de l’accident ? Apparemment, oui. Et en plus, aucun papier sur moi. Impossible, pour le moment, de m’identifier.

Quel cauchemar ! J’ai envie de fermer les yeux et de ne plus me réveiller. Je suis désespéré.

Quelques jours après mon deuxième réveil, le médecin m’annonce que je pourrais sortir d’ici la fin de la semaine. Mais pour aller où ? Je ne sais pas qui je suis et par conséquent je ne sais pas où aller…

Le médecin se veut rassurant. Ils ne vont pas me lâcher dans la nature, tout seul, tant que je n’aurai pas retrouvé la mémoire. Ils me transfèrent dans un autre établissement où on m’aidera à retrouver la mémoire. Et c’est censé me rassurer ?

J’essaie de me rappeler quelque chose de mon passé. Mais aucun souvenir ne me vient à l’esprit. C’est comme si je n’existais pas. Je ne suis même pas une personne, étant donné que je n’ai pas d’identité. Mais qui suis-je ? D’où viens-je ? Pourquoi personne ne me cherche ? Où est ma famille ? Peut-être que je n’ai plus de famille. Peut-être que je n’existe pas.

J’ai la tête qui va exploser.

C’est la fin de la semaine et je vais bientôt sortir de cet hôpital. J’ai peur. Depuis mon réveil, c’est mon seul point de repère. Je ne connais rien d’autre. Les médecins et les infirmières sont ma seule famille. Que vais-je devenir ?

Je suis épuisé. C’est ma dernière nuit à l’hôpital.

Demain est un autre jour.

A suivre…