Chapitre V – Cauchemar dans la 5ème Av.

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Quelques mois plus tôt, dans un hôpital à Los-Angeles.

Vous avez de la chance, Madame, vous avez bien récupéré. Dans quelques semaines vous serez sur pied et on pourra vous transférer dans une clinique de réadaptation, Je vous conseille celle de New-York, qui est réputée pour être la meilleure. Vous ne devez pas vous inquiéter. Tout ira bien.

Facile à dire pour le médecin. Il va bien et il a une vie. Moi, qu’est-ce que j’ai ? J’ai passé les derniers mois dans le coma et maintenant je me retrouve seule sans aucun souvenir de mon passé.

Heureusement que je ne me rappelle rien. Il paraît que j’étais dans un sale état quand je suis arrivée ici. Une rixe dans un quartier mal famé qui a mal tourné. Mais que faisais-je dans cet endroit ?

Pourquoi personne ne me cherche ? On m’a volé mes papiers, mais aussi ma vie.

Je me regarde dans le miroir et je ne me reconnais pas. Qui suis-je ? Que vais-je devenir ?

Un détective de la police a passé l’autre jour pour me poser des questions. Il paraît qu’il y a eu deux morts et plusieurs blessés graves. Il dit que, malgré tout, j’ai eu de la chance.

La chance d’être en vie ? Mais à quel prix ?

Les médecins et les infirmières préparent mon transfert. C’est pour aujourd’hui.

Ils me parlent beaucoup de cette clinique et du bien que ça va me faire.

Quand nous arrivons sur place, tout le monde est très chaleureux avec moi. Je pense qu’ils ont pitié de moi.

En fin d’après-midi, après la séance avec la psy, je m’installe dans le petit salon du 1er étage. Il y a un monsieur qui paraît aussi paumé que moi. Que lui est-il arrivé ? Je m’approche de lui pour bavarder un peu. Il me raconte son histoire. Elle ressemble vaguement à la mienne. Ça me fait du bien de pouvoir parler avec quelqu’un qui est dans la même situation. J’ai l’impression de ne plus être seule au monde.

Quand nous sommes arrivés ici, la règle était de ne pas être une personne anonyme. Alors le personnel de l’établissement nous a demandé de choisir chacun un prénom. C’est un peu comme avoir une nouvelle vie.

Le but de la thérapie était de nous reconstruire une nouvelle vie, en attendant que la nôtre nous soit rendue.

Il y a toujours ce détective qui vient nous voir une fois par mois. Il pose toujours les mêmes questions. Mais que lui répondre ? Nous n’avons aucun souvenir de notre vie précédente.

Quelle était donc cette vie que notre cerveau a dissimulée ? Était-ce si terrible au point de nous empêcher d’aller de l’avant ?

Je passais beaucoup de temps avec l’inconnu du 3ème étage. Je le trouvais sympa. On essayait d’imaginer notre passé. On s’inventait des histoires. Il était brillant. Il me faisait rire et avec lui je n’avais plus peur de l’avenir. Je pensais que même si je ne retrouvais plus la mémoire, au moins j’avais trouvé un ami. Et secrètement, j’espérais aussi qu’il ne recouvre pas la mémoire. Je ne voulais pas me retrouver toute seule.

La vie à la clinique était devenue agréable. Après les séances, on se retrouvait dans le petit salon où je l’avais aperçu la première fois. On discutait pendant des heures. De son côté, il espérait toujours que le détective lui apporte une bonne nouvelle. De mon côté, j’étais moins optimiste. J’avais peur d’un passé pas très glorieux. Alors je préférai le présent, avec lui.

Un jour, le détective a demandé à le voir, en privé. C’est pas bon signe. Sa famille l’a peut-être retrouvé et je vais me retrouver toute seule.

Dans la petite salle du rez-de-chaussée, le détective me regarde avec un sourire jusqu’aux oreilles. Il m’annonce qu’un couple m’a peut-être reconnu. Il demande si je suis prêt pour la confrontation.

Je ne suis pas sûr d’être prêt. Et si c’était une arnaque ? Pourquoi après tout ce temps, quelqu’un croit me reconnaître ? Je sais, je devrais être content, mais je ne le suis pas. J’ai peur.

Le détective m’assure que je ne suis pas obligé de les rencontrer tout de suite. Je peux réfléchir et en discuter avec mon thérapeute.

Quand je la revois, après la visite du détective, je vois aussi la peur sur son visage. Je suppose qu’elle a peur de se retrouver toute seule au cas où une prétendue famille m’a retrouvé.

J’essaie de la rassurer. J’ai aussi peur qu’elle. Pour le moment, je ne suis pas prêt pour voir ces gens. On verra tout ça demain.

Demain est un autre jour.

A suivre …

 

 

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Demain est un autre jour

GONE WITH THE WIND, Vivien Leigh, 1939

J’ai toujours aimé écrire. D’ailleurs j’écris tous les jours.

Les « pages du matin », vous connaissez ? Si vous avez lu le livre de Julia Cameron, vous connaissez certainement. J’ai commencé il y a presque une année et je n’ai pas encore loupé un seul jour ! C’est devenu un rituel incontournable.

A part les pages du matin, j’écris aussi des chroniques. Pas tous les jours, mais presque. Certaines je les publie sur mon blog et d’autres je les garde en réserve.

Actuellement je suis en train d’écrire une histoire complètement inventée. Un chapitre à la fois. Je ne connais pas la suite ou la fin de l’histoire. Je l’invente au fur et à mesure.

C’est très amusant ! Tous les jours, je me demande comment ça va se terminer. Pour l’instant, je n’en ai pas la moindre idée. Tout ce que je sais, c’est que j’ai du plaisir à écrire. Et tant que ça me procure du plaisir, j’écris.

J’aime aussi aller chercher des informations pour les détails de mon histoire. La 5ème Av. est tellement grande qu’on pourrait s’y perdre. Et comme je n’y suis jamais allée, il me fallait quand même quelques détails pour mon histoire. D’ailleurs, maintenant, c’est comme si j’y avais vécu. C’est marrant !

Quand je lis, c’est pareil. Si le bouquin m’inspire, je suis capable de le lire d’une traite. Quand je regarde l’heure tardive, je me dis : encore un chapitre et après j’arrête. Mais évidemment je n’arrive pas à m’arrêter, alors je finis le livre.

Depuis que j’ai commencé cette histoire sur la 5ème Avenue, je n’arrive pas à lire un nouveau livre. J’ai peur de perdre l’inspiration et de refaire ma « dévoreuse de livres ».

Alors en attendant le prochain chapitre, j’écris d’autres chroniques. Pour ne pas perdre le rythme.

Comme disait Scarlett : demain est un autre jour…. 😉

 

Chapitre IV – Cauchemar dans la 5ème Av.

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Chapitre IV

Après 6 mois, je suis transféré dans une clinique de réadaptation. Ils vont m’aider à retrouver la mémoire. Je suis complètement guéri de mes blessures dues à l’accident. Il reste juste ce vide  dans ma tête qui m’empêche de me souvenir qui je suis et d’où je viens.

Entre-temps, à Boston.

C’est étrange de ne plus avoir de ses nouvelles. En général il appelait au moins une fois par semaine pour prendre des nouvelles des enfants. Son portable est toujours sur messagerie. Il doit certainement être débordé de travail ou bien il est quelque part en train de batifoler avec une de ses conquêtes. Mais c’est tout de même étrange ce long silence, ça ne lui ressemble pas.

Je vais appeler la loge du concierge pour savoir s’il l’a vu récemment. Non. Il a déménagé et il est parti sans laisser d’adresse et sans même le saluer. Etrange bonhomme.

Je vais appeler ses parents, peut-être qu’ils ont eu des nouvelles. D’un côté je peux comprendre qu’il ne veuille pas me parler. Je lui ai fait du mal. Je l’ai trahi avec son meilleur ami… Je n’en suis pas fière, mais ça remonte à 5 ans maintenant et je pensais qu’il avait tourné la page.

Sa famille n’a pas de nouvelles non plus, ils sont quand-même un peu inquiets.

J’ai presque envie d’aller à New-York pour le secouer et lui rappeler qu’il a deux enfants qui comptent sur lui. Mais s’il n’habite plus le loft, où se cache-t-il ? D’ailleurs je ne peux pas partir pour le moment, l’aînée a la remise de diplôme et je dois être présente pour elle, étant donné que son père a disparu dans la nature. Elle espère toujours qu’il viendra et je ne sais pas comment lui dire qu’il est introuvable.

J’appelle le cabinet à New-York et sa secrétaire est aussi surprise de ne pas avoir de ses nouvelles. Il est peut-être en Europe pour ce gros contrat avec des clients japonais. Elle va se renseigner et me rappellera dès qu’elle a des nouvelles.

Ma fille a été très déçue de ne pas voir son père à la remise des diplômes. Il avait pourtant promis d’y être et il a toujours tenu ses promesses, jusqu’à maintenant.

Après 2 mois j’ai rappelé sa secrétaire. Elle avait rappelé tous les clients potentiels chez qui il pouvait être mais personne ne l’a vu. On dirait qu’il a disparu dans la nature. Et s’il lui était arrivé quelque chose ? La police ou un hôpital aurait déjà prévenu sa famille, mais personne n’a eu de nouvelles.

Il fallait le retrouver. Pas pour moi, mais pour ses enfants qui le réclament. Mais par où commencer ?

J’appelle ses parents qui sont d’accord de garder les enfants pendant que j’irais à New-York.

Mon mari a tenu à m’accompagner pour m’aider dans les recherches. Il m’est d’un grand soutient. J’espère seulement qu’ils ne vont pas se rencontrer. Malgré le temps qui a passé, il a toujours refusé de nous voir ensemble. D’ailleurs il ne supporte pas que les enfants l’aient accepté comme beau-père.

Si je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour le retrouver, c’est pour les enfants. Ils sont inquiets et tristes de ne pas avoir de nouvelles.

Après nous être installés à l’hôtel, nous allons dans le poste de police du quartier. Les gens sont tellement stressés ici. Je ne sais pas comment il faisait à vivre dans cette ville.

Avant de pouvoir voir un responsable, nous avons attendu plus de deux heures sur un banc dans un couloir. Quand enfin nous avons pu parler avec un détective, il ne nous a pas vraiment rassurés. Des milliers de personnes disparaissaient chaque jour et c’était comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Après avoir laissé nos coordonnées et une photo du «disparu», nous sommes partis en direction de notre hôtel, trop épuisés pour faire autre chose.

Nous avions besoin de rassembler les idées pour affronter une nouvelle journée de recherches. Demain nous irons voir si dans l’immeuble où il habitait, quelqu’un a eu des nouvelles.

Demain est un autre jour.

A suivre…

 

Chapitre III – Cauchemar dans la 5ème Av.

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Chapitre III

Il est 7h. Inutile de rester dans cette chambre à ruminer.

Je vais d’abord faire une déposition à la police et ensuite j’irais rechercher des informations pour la retrouver.

L’air frais de Manhattan me réveille de ma torpeur. Je vais héler un taxi pour me déposer au poste de police.

Dans la rue, les gens me regardent étrangement. Je ne suis pas rasé et je porte les mêmes habits de la veille, un peu froissés. Je dois faire peur. Ils me prennent peut-être pour un voyou qui a dormi dans la rue. Sauf que je n’ai pas encore dormi.

Soudain je me rappelle que j’ai oublié tous mes papiers à la réception de l’hôtel, juste après avoir payé la note. Je me retourne pour rebrousser chemin et là, c’est le choc.

Je n’avais pas vu cette voiture qui était en train de tourner pour s’engouffrer dans la rue parallèle. J’étais distrait, je pensais à la déposition que j’allais faire. Je pensais à elle.

C’est le trou noir. J’ai l’impression de flotter dans les airs. Je ne vois rien mais j’entends des voix qui sont de plus en plus proches. Puis, plus rien. Je sombre dans un gouffre de plus en plus profond.

J’ai froid et j’ai mal partout. J’ouvre les yeux et je ne reconnais pas ces murs blancs et toutes ces personnes qui sont présentes dans la pièce. J’ai quand-même la force de demander où je me trouvais. On me répond que suite à un accident, je suis à l’hôpital et je suis resté deux mois dans le coma… Hôpital ? Accident ? Coma ? Aucun souvenir.

On me pose tout plein de questions auxquelles je n’ai pas de réponse. Je ne sais pas, je ne me rappelle pas. Verdict : amnésie suite au traumatisme crânien.

Qui suis-je ? La peur de l’inconnu me tiraille le ventre. Trop épuisé pour y penser, je sombre à nouveau dans le gouffre.

Je me réveille à nouveau. Combien de temps avais-je dormi ? Une infirmière me sourit. Elle me demande si j’ai encore mal quelque part. Je réponds que je n’ai pas de douleur mais les idées un peu embrouillées. C’est normal, mais je ne devais pas m’inquiéter, on prend bien soin de moi.

Elle tente de me rassurer en me disant que le médecin s’est renseigné auprès de la police pour savoir si quelqu’un avait signalé une disparition. Pour le moment, aucune disparition ne correspondait à mon profil.

Personne ne me cherche ? Je ne manque à personne ? Mais enfin, ce n’est pas possible ! Etais-je seul au moment de l’accident ? Apparemment, oui. Et en plus, aucun papier sur moi. Impossible, pour le moment, de m’identifier.

Quel cauchemar ! J’ai envie de fermer les yeux et de ne plus me réveiller. Je suis désespéré.

Quelques jours après mon deuxième réveil, le médecin m’annonce que je pourrais sortir d’ici la fin de la semaine. Mais pour aller où ? Je ne sais pas qui je suis et par conséquent je ne sais pas où aller…

Le médecin se veut rassurant. Ils ne vont pas me lâcher dans la nature, tout seul, tant que je n’aurai pas retrouvé la mémoire. Ils me transfèrent dans un autre établissement où on m’aidera à retrouver la mémoire. Et c’est censé me rassurer ?

J’essaie de me rappeler quelque chose de mon passé. Mais aucun souvenir ne me vient à l’esprit. C’est comme si je n’existais pas. Je ne suis même pas une personne, étant donné que je n’ai pas d’identité. Mais qui suis-je ? D’où viens-je ? Pourquoi personne ne me cherche ? Où est ma famille ? Peut-être que je n’ai plus de famille. Peut-être que je n’existe pas.

J’ai la tête qui va exploser.

C’est la fin de la semaine et je vais bientôt sortir de cet hôpital. J’ai peur. Depuis mon réveil, c’est mon seul point de repère. Je ne connais rien d’autre. Les médecins et les infirmières sont ma seule famille. Que vais-je devenir ?

Je suis épuisé. C’est ma dernière nuit à l’hôpital.

Demain est un autre jour.

A suivre…

 

Chapitre II : cauchemar dans la 5ème Av.

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Chapitre II

Me voici dans la chambre du Langham Place au 25ème étage. La vue est magnifique, mais je n’ai pas la tête à ça. D’ailleurs, c’est presque la même vue que je vois depuis mon loft.

Je devrais peut-être aller voir la police ?  De toute façon, à Manhattan il ne se passe pas un jour sans entendre les sirènes de la police. Ils doivent être blasés. Ils vont même certainement rire et classer l’affaire. N’empêche qu’il y a bien eu un cambriolage étant donné que mon appartement est vide. Mais comment prouver que c’était elle ?

Alors je vais essayer de la retrouver.  Demain je vais me rendre dans tous les endroits que nous fréquentions pour savoir si quelqu’un l’a vue récemment.

Difficile de dormir. Je n’arrête pas d’y penser. Je n’ai rien vu venir. Elle est entrée dans ma vie d’un pas velouté, elle m’a ensorcelé et maintenant elle a disparu, sans laisser d’adresse.

Je n’ai jamais rencontré ses amies, ni sa famille. Elle disait que ces amies n’étaient pas à la hauteur de notre train de vie et que ses parents vivaient à L.A. et elle ne les voyait pas souvent.

Nous étions presque fusionnels. Rien qu’elle et moi. Je ne posais jamais de question. Quand elle voulait me parler, elle savait que j’étais là et que je l’écouterais.

Elle ne se confiait pas beaucoup sur son passé. Elle disait que seul le présent contait et que maintenant elle était heureuse avec moi.

Comment aurai-je pu me douter d’une quelconque embrouille de sa part ?

Demain, à la première heure, je téléphone à ma secrétaire pour qu’elle annule tous mes prochains rendez-vous.

Il faut que je la retrouve. Elle me doit des explications. Mais par où vais-je commencer ?

Je repense à tous ces moments que nous avons partagés.

L’année dernière nous avions fait un séjour à Vienne. Nous étions à l’hôtel Bristol, près de l’Opéra. Elle avait adoré le Don Giovanni de Mozart. Elle avait l’air d’une petite fille émerveillée qui découvre le monde.

Cette même année, pour Noël, nous avions décidé de passer les fêtes dans mon chalet à Aspen. Elle n’aimait pas skier, mais elle aimait la montagne. Je crois qu’elle aimait le luxe. Mais je ne pouvais pas lui en vouloir, étant donné que moi-même je baigne dedans depuis ma plus tendre enfance.

Je n’ai pas besoin d’argent, ma famille est aisée. Mon travail, c’est plus pour être occupé que pour le besoin d’argent. Je suis consultant pour un grand cabinet de New York et je voyage beaucoup, surtout en Europe.

Ma famille n’avait pas pu venir à Aspen et nous nous sommes retrouvés que les deux, en amoureux, si on peut dire comme ça. C’est vrai, maintenant que j’y pense. Ma famille ne l’a jamais connue.

Quand j’allais skier, elle me disait qu’elle allait se reposer au spa de l’hôtel en bas des pistes.
Quand je rentrais, en fin d’après-midi, je la retrouvais au chalet. Parfois, elle avait l’air si triste. Je pensais que je ne la rendais pas heureuse. On allait faire des balades en calèche et elle regardait, d’un regard avide, tous ces gens riches qui se pavanaient dans leur fourrure.

Elle ne parlait pas beaucoup, contrairement aux premières semaines de notre rencontre.

Je me rappelle aussi de cette fois où nous sommes allés à Paris. Elle voulait que je lui montre uniquement les quartiers huppés. Tandis que moi, je préférais les endroits moins fréquentés. Les petites ruelles inconnues des touristes.
J’avais réservé une table dans une brasserie chic, Chez Georges dans le 17ème arrondissement. Elle n’arrêtait pas de regarder toutes les tables. Elle disait qu’elle espérait rencontrer une célébrité.
Nous avions passé une charmante soirée et en rentrant à l’hôtel, elle me tenait la main. Je n’avais donc pas besoin de mots. Son regard plein de gratitude me suffisait.

En y repensant, je me rends compte que je ne sais absolument rien d’elle…

Son nom de famille est tellement commun, qu’il ne va m’être d’aucune utilité pour la retrouver.

Il est presque 5 heures du matin… et je n’ai pas encore fermé l’œil.

Si demain je veux être productif, il faut absolument que je dorme quelques heures….

Demain est un autre jour.

A suivre…

 

 

Cauchemar dans la 5ème Av.

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Prologue

Quand je recherche l’inspiration pour écrire, il m’arrive parfois de rester bloquée devant une page blanche.

Quand j’écris des chroniques « légères », genre les tribulations de mes chats, je dois trouver le juste moment pour ne pas laisser échapper l’inspiration.

Bien sûr qu’il y aurait toujours quelque chose à écrire sur mes chats, étant donné qu’il ne se passe pas un jour sans qu’ils ne fassent les pitres.

Mais cette fin d’après-midi, j’ai voulu essayer un autre genre.

Je me suis assise devant mon ordinateur, j’ai ouvert une page blanche et j’ai commencé à écrire.

J’avais envie d’écrire une histoire, complètement inventée et pour une fois je ne voulais pas de figurants félins.

En moins d’une heure, j’ai « pondu » (oui, je sais, parfois je me prends pour une poule…) cette petite histoire :

Cauchemar dans la 5ème Avenue.

Chapitre 1

Quand je suis rentré, ce jour-là, je sentais que quelque chose clochait. J’avais un pressentiment, mais je n’arrivais pas encore à déterminer de quoi il s’agissait.

J’avais passé toute la journée avec ce sentiment de danger imminent, mais je ne savais pas ni quand, ni comment ça arriverait. Je ne me doutais pas du tout que ma vie allait changer en une fraction de seconde.

Je l’avais connue quelques mois plus tôt, lors d’un souper de bienfaisance. Elle m’avait parue amicale et même charmante. Nous avions discuté pendant la soirée et je n’avais rien remarqué d’anormal. C’est en toute confiance et même avec plaisir que je l’avais revue en tête à tête. Nos soirées étaient charmantes et plaisantes. Nous allions souper dans des endroits magnifiques, nous allions parfois au théâtre et au cinéma. Et nous sommes même partis plusieurs fois en Europe : à Londres, Paris, Vienne et Berlin.

Au fil du temps, j’ai appris à la connaître et à l’apprécier. Plus je passais du temps avec elle et plus elle me manquait quand elle n’était pas là.

Elle était jeune,  belle et aussi intelligente. C’était un vrai plaisir d’être avec elle. On pouvait parler de tout, sans retenue. Nous étions vraiment sur la même longueur d’ondes.

Nous faisions même des projets d’avenir. C’est dire que notre relation devenait de plus en plus sérieuse et intense, donc importante.

Et puis un jour, tout a changé. Elle a pris de la distance et on se voyait de moins en moins. J’ai essayé de lui demander des explications, mais elle me répondait toujours qu’elle avait besoin de prendre un peu de recul, besoin de temps pour réfléchir.

Mais réfléchir à quoi ? Je n’en avais aucune idée.

Elle vivait dans mon appartement sur la 5ème avenue. Je le lui avais proposé pour qu’elle soit plus proche de son travail et elle avait accepté avec empressement, ce qui à l’époque ne m’avais pas choqué. De mon côté, de par le travail, je voyageais beaucoup en Europe, entre Paris et Londres, et donc ça me faisait plaisir qu’elle puisse profiter de ce grand loft.

Ces dernières semaines, quand je rentrais de voyage, elle n’était jamais à la maison. Elle me téléphonait pour me dire de ne pas m’inquiéter, qu’elle restait dormir chez une amie.

C’est dire que je ne la voyais pratiquement plus du tout.

Ce jour-là, en rentrant de Paris, j’ai voulu lui faire une surprise et je me suis rendu à son bureau avec un joli bouquet de fleurs. Je sais, ça peut paraître un peu niais, mais je me sentais comme un adolescent à sa première rencontre.

Quelle ne fut ma surprise quand la réceptionniste de cet immense bureau m’a annoncé qu’aucune personne de ce nom ne travaillait chez eux. Il devait certainement y avoir une erreur, pensais-je.

Mais non. Elle a cherché, interrogé. Personne ne la connaissait.

Je suis reparti, en direction de mon appartement, qui se trouvait de l’autre côté de la rue.

En rentrant dans le loft, j’ai cru mourir. Il était vide. Il n’y avait plus de meubles, même plus de rideaux. Complètement vide. Comme la première fois que je l’ai visité, cinq ans plus tôt.

Je suis descendu dans la loge du concierge pour lui demander s’il était au courant qu’on avait dévalisé mon appartement. Il m’a répondu d’un air nonchalant que des personnes étaient venues déménager mes affaires selon mes désirs. J’allais bien déménager, n’est-ce pas ?

Mais pas du tout ! Il n’en n’a jamais été question ! Il ne comprenait plus rien. Il croyait que c’était moi qui avais engagé ces déménageurs…

Je suis remonté dans mon appartement vide. J’étais désespéré et je ne comprenais plus rien. C’est alors que j’ai pensé de l’appeler pour savoir si elle était au courant.

Deuxième surprise : ce numéro n’est plus en service.

Soudain, c’est la panique. J’ai la tête qui tourne et j’ai besoin de m’assoir, mais il n’y a plus rien dans ce loft. Alors je vais m’assoir sur le bord de la cheminée, dans un petit coin.

J’ai besoin de remettre les idées en place.

Qui était cette femme à laquelle j’avais ouvert mon cœur ? Elle ne travaille pas là-bas. Son numéro n’est plus en service et mon appartement est vide.

Comment ai-je pu être aussi naïf ? Comment a-t-elle fait pour me déposséder de tout ?

Ce soir j’irai dormir à l’hôtel.

Demain est un autre jour.

A suivre…

 

 

 

Dans la peau d’un parasite…

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C’est clair et net que je n’aime pas du tout devoir prendre des médicaments, en tout cas pas ceux chimiques. En général je ne suis jamais malade, donc la question ne se pose même pas.

Mais à certaines saisons, comme par exemple en hiver, je n’y échappe pas ! C’est cette bonne vieille grippe qui vient me plomber le moral (qui, soit dit au passage, ce dernier n’était déjà pas vraiment au beau fixe au début de l’année, mais ça, c’est un autre sujet…).

Dans ces cas, il y a 2 médocs que j’ai toujours dans ma pharmacie et qui me rendent bien service : le Dafalgan pour la fièvre et les gouttes pour les narines bouchées.

C’est vrai quoi. Chaque année c’est pareil. Il suffit que parfois je laisse, involontairement, traîner un pied hors du lit, et hop ! je chope une belle crève. C’est ce qui m’est arrivé la semaine passée (la grippe, hein, pas le pied hors du lit..). Mais comme je ne suis pas un mec (sorry pour ceux qui se sentent visés), je ne me plains pas et je sais que c’est très courant pour la saison. Donc, je fais avec (« demain est un autre jour »… comme disait ma copine Rossella).

Alors, passons en revue les différentes façons d’exterminer ces parasites (là, c’est peut-être une déformation professionnelle qui m’a été transmise par mon ex boss, alors je m’en excuse) : pour le nez qui coule, j’ai toujours des mouchoirs. Pour les narines bouchées, là, pour pouvoir dormir, c’est direct les gouttes avant dodo. Pour le mal de gorge, je bois une bonne tisane (je ne veux pas faire de la pub, mais je trouve les tisanes Sidroga excellentes !). Pour la fièvre, un petit Dafalgan avant de se coucher et ça devrait faire l’affaire (mais sans en abuser !). Mais pour la toux…surtout la nuit… là, je sèche ! J’ai tout essayé ! Et je dois vraiment me résoudre à passer des nuits blanches ou assise dans mon lit, ou sur le canapé avec les chats (ces derniers, soit dit au passage, ne comprennent pas qu’on est en pleine nuit et donc ils veulent jouer… évidemment !).

Petite parenthèse. Par pitié, ne venez pas tous en même temps pour me donner vos précieux conseils pour que je puisse enfin dormir ! Vous êtes choux et adorables, merci, mais laissez tomber. Mieux encore, faites comme si l’histoire était inventée et rigolez un bon coup (mais pas trop quand-même, hein ?).

Mais revenons à nos moutons. Euh non, pas eux…. Ils sont trop nombreux et ils m’empêchent de dormir. Revenons à ma toux. Je disais donc, que j’ai tout essayé, même de noyer le poisson (Maurice, si tu nous écoutes, je plaisante !), afin qu’il puisse rejoindre sa compagne, décédée auparavant (ma « coloc » sait de quoi je parle….n’est-ce pas ma chérie ?).

Selon une étude très sérieuse (oui…. toujours lui….désolée), la grippe ou Influenza (en italien dans le texte), ne dure que 9 jours (plus ou moins… on ne va pas chipoter pour un jour ou deux).  3 jours d’incubation, 3 jours en plein dans le mille et les 3 derniers jours, elle se casse (enfin !).

Alors, selon ma calculette, et si mes souvenirs sont bons, il me reste environ 4 ou 5 jours et après, à nous les Mojito (ça, c’est un clin d’œil à ma formidable «coloc» qui se reconnaîtra).

Si ça se trouve, à l’heure où vous me lisez (parce que vous vous doutez bien que je n’ai pas pondu cette chronique en ce moment même, n’est-ce pas ? suis quand-même pas une poule…), je serais probablement déjà guérie et entrain de faire la bringue quelque part… **

Voilà. Maintenant vous avez tous les outils nécessaires pour vous débarrasser des parasites….

Ciao, à plus.

**Note de la rédaction : cette chronique a été « pondue » vendredi soir, avant d’aller au match de hockey, donc, selon ma calculette, l’histoire des Mojito devra attendre encore quelques jours…